Marché de l'énergie
Notre civilisation industrielle moderne dépend du pétrole et de ses dérivés. En outre, à elles seules, les transactions pétrolières représentent 10 % du commerce mondial !
Autant dire que cette matière première stratégique représente un enjeu économique colossal et est une des principales sources de tensions géopolitiques. Aujourd’hui, le monde connait un véritable choc énergétique en raison du renchérissement des prix du pétrole, mais aussi du gaz et de l'électricité. Les envolées répétées de ces biens vitaux suscitent, à juste titre, de nombreuses inquiétudes. L’éventualité d’un prix du baril de brut à 200 dollars qui n’est pas à exclure selon les spécialistes, a de quoi en effrayer plus d’un !
La perspective d'une pénurie, à l'échéance de plusieurs décennies, entraîne actuellement une profonde modification du marché mondial de l'énergie. Avec la perspective d'une hausse durable qui s'installe, de nouveaux investissements vont pouvoir être initiés dans le domaine des énergies alternatives et des technologies d'amélioration de l'efficacité énergétique, ce qui permettra à terme de réduire le déséquilibre offre/demande.
Ces bouleversements, accentuent la recherche d’informations d’un grand nombre de citoyens, d’entreprises ou d’organisations en ce qui concerne le marché de l’énergie. Pour la plupart des consommateurs, le marché de l’énergie paraît souvent obscur. Afin de vous éclairer, l’équipe de GUIDER présentera les divers aspects de ce commerce, où et comment les prix sont négociés, la formation des prix du pétrole et de l’électricité les facteurs qui déterminent les changements de prix, les entreprises actives dans les énergies renouvelables, etc…
GUIDER bénéficie du soutien de plusieurs spécialistes ainsi que de l’asbl Energie Facteur 4.
Autant dire que cette matière première stratégique représente un enjeu économique colossal et est une des principales sources de tensions géopolitiques. Aujourd’hui, le monde connait un véritable choc énergétique en raison du renchérissement des prix du pétrole, mais aussi du gaz et de l'électricité. Les envolées répétées de ces biens vitaux suscitent, à juste titre, de nombreuses inquiétudes. L’éventualité d’un prix du baril de brut à 200 dollars qui n’est pas à exclure selon les spécialistes, a de quoi en effrayer plus d’un !
La perspective d'une pénurie, à l'échéance de plusieurs décennies, entraîne actuellement une profonde modification du marché mondial de l'énergie. Avec la perspective d'une hausse durable qui s'installe, de nouveaux investissements vont pouvoir être initiés dans le domaine des énergies alternatives et des technologies d'amélioration de l'efficacité énergétique, ce qui permettra à terme de réduire le déséquilibre offre/demande.
Ces bouleversements, accentuent la recherche d’informations d’un grand nombre de citoyens, d’entreprises ou d’organisations en ce qui concerne le marché de l’énergie. Pour la plupart des consommateurs, le marché de l’énergie paraît souvent obscur. Afin de vous éclairer, l’équipe de GUIDER présentera les divers aspects de ce commerce, où et comment les prix sont négociés, la formation des prix du pétrole et de l’électricité les facteurs qui déterminent les changements de prix, les entreprises actives dans les énergies renouvelables, etc…
GUIDER bénéficie du soutien de plusieurs spécialistes ainsi que de l’asbl Energie Facteur 4.
Le marché des combustibles fossiles
1. Le pétrole
• Les types de pétrole• Les acteurs du marché
• Les réserves de pétrole
• L’offre de pétrole
• La demande de pétrole
• Pétrole : quel avenir ?
• Le mécanisme de fixation du prix du pétrole
• Focus sur la Belgique
1. Le marché du pétrole
1.1. Les types de pétrole
1.1.1. Généralités
Il existe autant de qualités de pétrole (avec des différences de couleur, de viscosité, de teneur en soufre et en minéraux, etc.). qu'il y a de puits de pétrole dans le monde. En effet, chaque poche de pétrole a des caractéristiques qui sont dues à son histoire géologique.
Le pétrole lourd et le bitume (les principaux hydrocarbures dont les sables pétrolifères sont composés) sont des types de pétrole brut, un pétrole qui s’écoule de façon naturelle ou qui peut être pompé sans être chauffé ou dilué. Techniquement, le pétrole brut est composé de chaînes d’hydrocarbure. Les hydrocarbures sont une classe de composés organiques constitués uniquement de carbone et d’hydrogène. Le pétrole peut également contenir d’autres éléments tels que de l’eau, du gaz naturel, du soufre ou d’autres minéraux.
Sur le plan des échanges commerciaux, certains pétroles servent d'étalon pour établir le prix du pétrole d’une région donnée : On parle de « brut de références ». Les acheteurs et les vendeurs situent les prix des diverses variétés de brut à un niveau plus élevé ou moins élevé que celui du brut de référence (voir prix du pétrole).
1.1.2. Les bruts de références
Les principales variétés de bruts de références sont :
• Le West Texas Intermediate (WTI). Ce type de brut est utilisé comme référence en Amérique du Nord. C'est un brut léger, non sulfuré. C'est le prix du WTI qui est habituellement cité dans les articles de journaux.
• Le Brent (brut de référence européen) Le Brent est un type de pétrole brut (assez léger et peu soufré) issu de champs de la Mer du Nord. D’après l’International Petroleum Exchange où le prix du Brent est côté, ce prix est utilisé pour fixer le prix des deux tiers des pétroles bruts vendus mondialement.
• Dans le Golfe Persique, le Dubaï light est utilisé comme référence pour fixer le prix de vente d'autres bruts de la région à destination de l'Asie. Ceci est dû au fait que le Dubaï est l'un des rares brut vendu dans le Golfe Persique qui soit vendu au comptant et au "détail" alors que bon nombre d'autres bruts sont liés par des contrats de vente à long terme.
Les bruts légers à faible teneur en soufre se vendent à des prix plus élevés que les bruts lourds sulfureux, dont le raffinage est plus difficile et coûteux et dont on tire une moins grande quantité de produits pétroliers de grande valeur.
1.1.3. La classification des bruts selon la qualité
Les principaux critères qualitatifs sont :
• Le degré de viscosité.
Le degré de viscosité est mesuré par la gravité API (du nom de "American Petroleum Institute"). Cette échelle rend compte de la longueur des chaînes carbonées des composés. Plus les chaînes sont longues, plus le pétrole est lourd et son d° API est faible.
Ainsi un pétrole est léger ("light") si le degré API est supérieure à 31.1, moyen ("medium") s'il est compris entre 22.3 et 31.1, lourd ("heavy") s'il est compris entre 10 et 22.3 et extra lourd ("extra heavy") s'il est inférieur à 10.
Les pétroles les plus légers sont les plus convoités par les raffineurs, car ils donnent directement beaucoup de coupes légères de grande valeur (diesel, essence, naphta). À l'inverse, les pétroles lourds donnent plus de produits, tels que des bitumes et du fioul résiduel, qu'il faut soit vendre tels quels à bas prix, soit convertir en coupes plus légères, notamment par hydrocraquage (ajout d'hydrogène).
• La teneur en soufre
Les pétroles avec une faible teneur en soufre (inférieure à 0,5% en poids) sont qualifiés de « sweet » ou « doux » ; au-delà, les pétroles sont qualifiés de « sour » ou « soufrés ». Ceci est important car le soufre est un polluant que les raffineurs doivent retirer (du moins dans les pays ayant des législations contre les pluies acides). Ceci a un coût et il déprécie donc la valeur du brut.
Le tableau ci-dessous présente les caractéristiques des principaux pétroles qui servent de référence pour les autres pétroles.
Nom du pétrole Gravité API Teneur en soufre Appellation
Brent 38 0,4 léger doux
West Texas Intermediate (WTI) 36,4 0,48 léger doux
Dubai 31 2 moyen sulfuré
Source : CNUCE
1.2. Les acteurs du marché
La carte des acteurs du marché pétrolier est complexe. On distingue les acteurs suivants:
- les États producteurs, dont la principale organisation l’OPEP, exercent un contrôle concret sur leur production, souvent par le biais de sociétés nationales.
- Les États consommateurs.
- Les compagnies pétrolières.
- Les traders, les banques d’affaires et les fonds de pension, grâce auxquels sont développés des instruments qui jouent un rôle stabilisateur du marché.
1.2.1. Les Etats producteurs
L'OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) est le principal producteur de pétrole (38%). Plusieurs importants pays producteurs de pétrole, dont certains sont exportateurs nets, ne sont pas membres de l'OPEP. C'est le cas du Canada, du Soudan, du Mexique, du Royaume-Uni, de la Norvège, des États-Unis, de la Russie et d'Oman.
En 1960, les gouvernements d'Arabie saoudite, du Venezuela, du Koweït, d'Iran et d'Irak - qui contrôlaient 80 % des exportations mondiales - se regroupaient au sein d’une organisation : « l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) ». ou en anglais Organization of Petroleum Exporting Countries (OPEC). Ce cartel de producteurs est né en réaction à la baisse des prix du brut et donc de leurs recettes. Jusqu’à cette époque les compagnies pétrolières avaient les pleins pouvoirs sur le cours du pétrole et imposaient leurs prix aux pays producteurs. A cette époque l'OPEP a contrebalancé le pouvoir des grandes compagnies pétrolières par la voie de la participation et de la nationalisation pour maîtriser la production et donc les prix.
Les fondateurs ont été rejoints par le Qatar (1961), l'Indonésie (1962 et s’en retire en 2008), la Libye (1962), les Émirats arabes unis (1967), l'Algérie (1969), le Nigeria (1971), l’Equateur (1973), le Gabon (1975 et s’en retire en 1996) et l’Angola. L’OPEP compte 12 membres et concentre les 3/4 des réserves pétrolières mondiales.
L'objectif de l’OPEP est de réguler la production et le prix par un effort coordonné de ses pays membres, notamment en instaurant un système de quotas de production. Les membres constituent donc un cartel de producteurs. Ils se mettent d'accord sur la quantité de pétrole exporté, ce qui influence le prix du marché. Mais attention, les marchés à terme de Londres (ICE) et de New York (NYMEX) jouent un rôle croissant dans la détermination des cours, retirant ainsi du pouvoir à l'OPEP. Celle-ci apparaît plus comme le « swing producer », le producteur qui assure l’essentiel de l’ajustement de l’offre globale sur la demande globale. Pour accroitre sa marge de manœuvre, l’OPEP tente de nouer une alliance avec la Russie et les producteurs d’Europe orientale.

