INTERVIEW : Jean-Marc Jossart de l'ASBL ValBiom

Valbiom est une asbl active dans la valorisation non-alimentaire de la biomasse au niveau des ressources, des procédés et des produits.

INNOV+ / La Libre Belgique : «Jean-Marc Jossart, vous travaillez au sein de l’asbl ValBiom. En deux mots, quel est le rôle de cette asbl, quel est votre travail ?»

Jean-Marc Jossart : Valbiom est une asbl active dans la valorisation non-alimentaire de la biomasse au niveau des ressources (colza, céréales, betteraves, chanvre, etc.), des procédés (combustion, biométhanisation, cogénération, etc.) et des produits (biolubrifiants, biomatériaux, chaleur, électricité verte, biocarburants, etc.). Mon travail est l’étude et la promotion des biocarburants. La Région wallonne m’a également confié le travail de Facilitateur biocarburant. ValBiom travaille avec des centres de recherches et des universités, des représentants du secteur agricole, de l’administration, et des milieux politiques. Ses membres comptent des particuliers, des collectivités, des associations, des industriels, des institutions scientifiques, etc.

INNOV+ / LLB : «Les biocarburants justement, opportunité ou effet de mode ?»

Jean-Marc Jossart : D’une manière générale les biocarburants sont une opportunité pour la Belgique de diversifier l’approvisionnement énergétique pour le transport et diminuer les émissions de CO2 dans ce secteur.

INNOV+ / LLB : «Des pompes biocarburants existent elles déjà en Belgique ?»

Jean-Marc Jossart : Depuis fin 2006 du biodiesel est distribué dans les pompes belges en mélange dans le diesel à moins de 5%. En 2007, ce sont environ 10.000 m3 par mois qui ont ainsi été consommés. La production et la distribution d’éthanol en mélange à faible concentration dans l’essence commencera en 2008. Il n’existe qu’une seule pompe à plus haute concentration en éthanol chez Octa+ à Auderghem, mais qui est réservée à une flotte spécifique de voitures.

INNOV+ / LLB : «Ai-je besoin d’un véhicule spécial pour utiliser le biocarburant ?»
Jean-Marc Jossart : Tous les véhicules sont garantis pour une concentration en biodiesel qui est inférieure à 5% dans le diesel ou une concentration en éthanol inférieure à 5% dans l’essence. Au-delà, un véhicule adapté est nécessaire. Saab, Volvo et Ford proposent des véhicules flexibles qui peuvent fonctionner avec un mélange contenant jusque 85% d’éthanol. Tous les nouveaux moteurs diesel de Peugeot acceptent jusqu’à 30% de biodiesel.

INNOV+ / LLB : «L’utilisation de biocarburants va-t-il réduire le coût du plein ?»

Jean-Marc Jossart : Non. Même si le prix du pétrole grimpe tous les jours, les biocarburants ne sont pas compétitifs actuellement car le prix des matières premières agricoles est également élevé. A terme, le prix des carburants va sans doute rester cher. Un des effets positifs sera de décourager les gaspillages et favoriser les économies d’énergie.