Interview: Dison primée pour son projet de parc éolien à implication citoyenne

19/06/09: La commune de Dison s’est lancée dans un ambitieux projet de participation citoyenne basé sur les énergies renouvelables. A cette occasion, la commune a été récompensée au concours 2009 Communes Clim’actives dans la catégorie « Grande Commune » pour son projet de parc éolien à implication citoyenne. Focus sur ce projet avec Frédéric Praillet, Conseiller en énergie de Dison.

 

Guider : En quoi consiste votre projet ?

Frédéric Praillet : « Le projet consiste en l’implantation d’une ou plusieurs éoliennes à caractère citoyen sur notre territoire ou celui de communes voisines.  Le financement du projet serait supporté de manière égale par les communes, les citoyens via une coopérative, et un opérateur privé. »

Guider : Quel sera le rôle des citoyens ?

Frédéric Praillet : « Nous comptons impliquer les citoyens dans la réflexion dès que possible. Ainsi, s’il s’avère que certains sites présentent un potentiel d’implantation d’éoliennes, nous organiserons rapidement une série de séances d’information destinées à renseigner les citoyens sur l’emplacement de ces sites, les nuisances éventuellement envisagées, les mesures que nous prévoyons pour les limiter, ainsi que sur l’intérêt que peut représenter pour eux une prise de participation dans l’investissement. »

Guider : D’autres communes sont-elles actives dans ce projet ?

Frédéric Praillet : « Ce projet géré par Dison est avant tout le fruit d’un partenariat entre plusieurs communes : les communes de Baelen, Dison, Limbourg, Thimister-Clermont, et Welkenraedt. »

Guider : Concrètement comment allez-vous mettre en œuvre ce projet?

Frédéric Praillet : « Nous avons signé une convention de partenariat entre communes dont l’objet est l’étude de faisabilité technique et économique d’implantation d’éoliennes sur notre territoire ainsi que le choix du mode de gestion ultérieur en cas de conclusions positives de cette étude. 
Si l’étude révèle des possibilités d’implantation rentables, nous avons en effet l’intention de mettre en place un mode de gestion auquel nous réfléchissons actuellement de manière à nous permettre d’associer les communes et leurs citoyens à un opérateur privé. Nous envisageons alors le fonctionnement suivant : un tiers – l’opérateur privé par exemple - développe le projet techniquement, obtient le permis, gère le financement de l’éolienne, gère les contrats avec les fournisseurs et clients, et organise la participation citoyenne. Il facture alors ces services à l’entité regroupant les communes, les citoyens, et l’opérateur privé. »

Guider : Quelles ont été vos motivations pour lancer un tel projet ?

Frédéric Praillet : « Premièrement, nous désirons participer au développement des énergies renouvelables en Région wallonne et à une certaine décentralisation de la production d’électricité nécessaire à une utilisation rationnelle de l’énergie.
Deuxièmement, interpellés par la véritable chasse aux sites venteux à laquelle certains organismes privés se livrent depuis quelques années, nous voulons travailler à éviter l’implantation anarchique et non concertée d’éoliennes sur le territoire de nos communes.
Troisièmement, considérant que le vent appartient à tout le monde, nous désirons faire profiter au maximum la collectivité de tout éventuel gisement de vent sur notre territoire et du potentiel économique qu’il représente tout en s’assurant d’une réduction maximale des nuisances éventuelles qu’une implantation d’éoliennes pourrait engendrer.
De plus, il nous semble primordial d’associer les citoyens à la réflexion et de leur permettre de prendre part à l’investissement, et cela de manière à s’assurer de leur adhésion au projet et à leur permettre de s’inscrire dans une démarche novatrice de gestion soutenable de l’énergie au niveau local. »

Guider : Quelles sont les économies de CO2 qui en résulteront ?

Frédéric Praillet : « Puisque nous ne savons pas encore si le projet est techniquement réalisable et encore moins quel type d’éolienne est envisageable, il est difficile de répondre à cette question actuellement. Nous savons uniquement qu’une éolienne de 2 MW telle que la plupart de celles implantées à région wallonne peut produire de l’électricité pour environ 1.200 ménages et permettre de réduire les émissions de CO2 d’environ 1.300 tonnes par an. Ce sont ces ordres de grandeur que nous visons dans un premier temps. »