Batibouw : en direct du Palais 12 avec ESE, concepteur et fabricant de panneaux solaires thermiques
05/03/2010: ESE conçoit et fabrique des solutions énergétiques innovantes dans le domaine du solaire thermique. La société fut d’ailleurs l’une des premières à proposer parmi sa gamme de produits, des systèmes solaires à drainage gravitaire. Présente sur le Palais 12, l’équipe d’ESE a répondu à nos questions.
Guider : Tout d’abord, une précision, qu’est ce que le « drainage gravitaire» ?
ESE : « Il faut savoir qu’avec les systèmes solaires thermiques dits classiques, il existe des problèmes de surchauffe du fluide. Notre société a été pionnière dans l’introduction d’un système de drainage gravitaire en circuit hermétique. Ce système permet de s’affranchir des problèmes de surchauffe, il assure aussi une protection contre le gel. Concrètement, à l’arrêt et quel que soit la situation (panne, nuit, mise en sécurité,…) grâce au drainage, les capteurs et tuyauteries sont vides de fluide, le système est en sécurité passive. Lorsque la régulation enregistre une température dans les capteurs supérieure à la température de l'eau du ballon, elle enclenche la pompe qui envoie le fluide caloporteur dans les capteurs afin d'en extraire les calories solaires. En fonctionnement, l'échangeur du ballon sert de vase d'expansion car l'air contenu dans le circuit est amené dans les premières spires de l'échangeur. Lorsque la température de consigne est atteinte ou que l'ensoleillement n'est plus optimal, la pompe s'arrête et le fluide se draine dans l'échangeur solaire du ballon. Ceci permet de s'affranchir de tout risque de surchauffe du fluide dans les capteurs. »
Guider : Y-a-t’il encore beaucoup de personnes qui confondent solaire thermique et solaire photovoltaïque ?
ESE : « Il y en a encore pas mal. Les gens connaissent plus le photovoltaïque car il y a eu une énorme communication autour du Plan Solwatt et beaucoup moins autour de Soltherm. Et surtout, la confusion s’est réinstallée avec la suppression de la prime régionale wallonne du photovoltaïque, les gens ont tendance à croire que le thermique lui non plus n’est plus subventionné, mais ce n’est pas le cas.»
Guider : Pour les distraits, pouvez-vous rapidement réexpliquer comment fonctionne le solaire thermique en quelques mots ?
ESE : « Le solaire thermique a deux applications principales. Il peut servir à chauffer l’eau chaude sanitaire et il peut également chauffer l’habitation. Dans le premier cas, il s’agit du chauffe-eau solaire qui est composé de 4 éléments, le capteur, le ballon sanitaire, un groupe de régulation-pompe et une tuyauterie. Un capteur solaire thermique, constitué d’une surface absorbante sélective, habituellement en cuivre, capte le rayonnement solaire direct et diffus (en cas de couverture nuageuse) et le transmet sous forme de chaleur à un fluide caloporteur qui circule dans la tuyauterie soudée à cet absorbeur. Cette chaleur est alors transférée vers le ballon sanitaire par l’intermédiaire d’une pompe qui fait circuler le fluide caloporteur entre les capteurs et le boiler tant qu’un échange thermique positif est possible. »
Guider : Concrètement pour un ménage de 4 personnes, combien de capteurs solaires sont nécessaires pour répondre aux besoins en eau chaude sanitaire? Quel est le budget à prévoir ?
ESE : « Pour 4 personnes, deux panneaux seront nécessaires, cela représente une surface de 4,64 m² et il faut un ballon de 300 litres. Le tout installé, en comptant la main d’œuvre et le matériel, l’investissement se situe entre 7.000 et 7.200 euros TVAC. A cela, il reste encore à retirer les primes et déductions fiscales. Finalement, l’installation ne revient plus qu’à plus ou moins 2.000 euros et est rentabilisée entre 5 et 8 ans. Une telle installation permet de couvrir 60 à 70 % des besoins en eau chaude de la famille et d’être autonome pendant au mois 4 mois sur l’année et le reste du temps, l’eau est préchauffée. »
Guider : Que pensez-vous du nouveau régime des primes qui entrera en application dès le 1er mai prochain en Wallonie ?
ESE : « En tant que professionnel, on n’est pas assez tenu au courant, ni même consulté, c’est une cliente elle-même qui m’a informé et expliqué que dans le nouveau système des primes, pour les nouvelles constructions datant d’après le 30 avril 2010, il n’y avait plus de primes spécifiques pour le solaire thermique (ni les pompes à chaleur), c’est remplacé par une prime prenant en compte le niveau E, mais c’est hyper complexe. »
Guider : Le solaire thermique, c’est réellement accessible à toutes les bourses ?
ESE : « Oui. Par contre, il faudrait augmenter les formules des prêts à 0 % car les primes c’est bien mais l’argent, il faut quand même l’avancer et on ne le retouche que 5 mois après. Il faut donc accentuer les systèmes d’avance pour les ménages à plus bas revenus. »


